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Publié le 11 septembre 2018
Par Cécile Brune, Consultante pôle Développement local

Le renouveau du thermalisme en France : du charme désuet de nos vieilles stations thermales au confort « all inclusive » des « spa resorts » haut de gamme ?

Longtemps dans le creux de la vague, relégué jusqu’aux années 2000 au rayon du patrimoine historique et des scandales de gaspillage de l’Assurance Maladie, le thermalisme français retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse. En témoignent quelques chiffres : 900 M€ de revenus annuels générés (dont, en définitive, « seulement » 25% financés par l’assurance-maladie au titre des remboursements de soins), +20% de curistes depuis 2009, 800 M€ d’investissements annoncés sur la période 2016-2020….

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Comment expliquer cette renaissance ?

Si le renouveau des thermes répond à de multiples évolutions (sociétales, démographiques, technologiques, réglementaires, financières…et stratégiques), le facteur n°1 demeure le mouvement de fond de la société vers le « Bien être », qui constitue désormais un véritable « business » fort de ses innombrables déclinaisons : nutrition, massage, sport-santé, coaching, médecines alternatives, spas, etc. S’ajoutent à cela, dans le désordre : le vieillissement de la population, les différents scandales du médicament et les suspicions croissantes à l’égard des thérapies médicamenteuses, l’enjeu de la transition économique de certains territoires, l’ouverture du marché européen du thermalisme, etc.

L’appétit des collectivités et investisseurs pour le secteur

Les collectivités (Régions, Départements, Communes…) – appuyées par la Caisse des Dépôts - ont pris conscience des enjeux du développement de leurs thermes sur le plan du développement touristique local et du développement économique induit.

À ce contexte porteur, de nombreux investisseurs répondent aujourd’hui présents dans ce secteur en plein renouveau. Dans ce nouveau paysage concurrentiel figurent des "poids lourds" tels La Chaîne Thermale du Soleil, Valvital ou encore l’Oréal (qui annonce en août 2018 le rachat des thermes de La Roche Posay), mais aussi des outsiders comme France Thermes ou la Compagnie Lebon. 

Ainsi plus d’une vingtaine de projets de restructuration de thermes sont en cours dont Châtel-Guyon, Nancy, Divonne-les-Bains ou encore Santenay.

Les clés du succès

Désireux de connaître le même succès que Vichy, Bagnoles-de-l’Orne ou Balaruc-les-Bains, les investisseurs s’inscrivent dans les nouvelles tendances du thermalisme moderne et visent l’alchimie entre prestation médicale, bien-être et tourisme.

Ceci induit la restructuration des établissements thermaux en de véritables « destinations bien-être ». Ces dernières étoffent l’expérience-client en intégrant non seulement un service médical de pointe, mais aussi des services complémentaires, périphériques à la cure de santé proprement dite : thermoludisme et fitness, programmes d'éducation thérapeutique des patients (incluant diététique, remise en activité physique, cycles de conférences, etc.), mini-cures ou séjours détox ouverts à tous, service excursions, esthétique & cosmétique, sans oublier une offre de restauration et d’hébergement design, voire haut-de-gamme.

Ces nouvelles politiques commerciales des groupes thermaux français constituent la clé pour séduire et fidéliser de nouvelles clientèles, notamment la nouvelle génération mais aussi les patients internationaux. Pour les acteurs publics locaux, elles représentent également des leviers pour construire de véritables stratégies touristiques de territoire (décloisonnant les logiques de filière au profit des logiques territoriales) et donner lieu à des « pôles d’excellence de santé ».

 

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