le billet
Publié le 22 octobre 2019
Par Dominique Celeyron, Consultant au Pôle Développement Local

Accueils de loisirs : insaisissable jeunesse !

Les accueils de loisirs à destination de la Jeunesse …

Par « Jeunesse », il faut entendre, dans le cadre de l’exercice des politiques publiques en la matière, les enfants en âge de fréquenter les collèges et lycées – soit la tranche d’âge de 11 à 17 ans.

Afin d’organiser le service public d’accueil de la Jeunesse en dehors du temps scolaire, les collectivités sont amenées à se saisir de la compétence « accueil de loisirs ». Ces équipements, qui étaient appelés auparavant « centres aérés », accueillent ainsi généralement les activités extrascolaires durant les temps où les enfants n'ont pas école (les vacances scolaires ou journée entière sans école). Ils peuvent également accueillir l’organisation des éventuels séjours de vacances, et assurent les accueils périscolaires (c’est à dire les temps après l’école), tant pour les enfants (de 3 à 10 ans) comme pour les jeunes (à partir de 11 ans). Pour ces derniers, les accueils de loisirs dédiés à la Jeunesse prennent des formes et des noms différents selon le territoire : Accueil Jeunes, Point Jeunes, Espace Jeunesse…

… parfois en mal de fréquentation

Mais ces différentes structures publiques – quelles que soient leurs formes - font parfois face à des difficultés de fréquentation tenant à la rencontre de leur public adolescent.

En effet, les attentes de ce public dépassent le cadre d’un simple accueil proposant des activités sportives et/ou culturelles. Les jeunes bénéficient d’une multiplicité de propositions associatives (projets d’insertion ou écologique, par exemple) et de loisirs de consommation en tout genre (lasergame, par exemple).

Dès-lors, pour attirer la Jeunesse dans leurs centres de loisirs, les Collectivités sont amenées à imaginer de nouvelles formes de captation de ce public. Ce peut être au travers de propositions de séjours atypiques (dans un zoo, autour d’activités en mini-motos etc.) ou encore de projets ou d’équipements spécifiques (city stade, skate park…) en connexion avec leurs centres de loisirs.

Une offre « Jeunesse » basée sur des activités encadrées selon les mêmes modalités que le public « Enfant » peine à attirer. Le public Jeunesse se tourne plus aisément en direction d’équipements ouverts et de sites informels afin de se les approprier plutôt que de s’insérer dans un cadre préétabli par une institution. Le city-stade, la plaine de jeux, les espaces de street-art, le skate-park etc. sont autant de lieux où la politique en faveur de la Jeunesse menée par une collectivité peut s’exprimer.

Le nécessaire élargissement des compétences

Mais ces types d’équipements dépassent la plupart du temps le cadre de la compétence « accueil de loisirs ». La difficulté vécue par nombre de collectivités, en particuliers les EPCI à fiscalité propre, résulte d’un déficit de compétences pour agir sur l’ensemble de ces sujets notamment celles liées à la gestion des équipements culturels, sportifs et de loisirs, au-delà de la compétence « accueil de loisirs ».

Les EPCI disposant de la seule compétence « accueil de loisirs » peuvent ainsi subir une désaffection des adolescents pour la fréquentation des structures. In fine, certaines collectivités abandonnent les activités en faveur des jeunes partant du constat que, malgré leurs efforts, la fréquentation n’est pas au rendez-vous.

Dans le cadre d’une étude de transfert de cette compétence « Accueil de Loisirs », il est indispensable que les EPCI et leurs communes membres mènent une réflexion sur la globalité des enjeux spécifiques à la Jeunesse et donc les interconnexions entre cette compétence « Accueil de Loisirs » et les compétences sur les équipements culturels, sportifs et de loisirs. Exercée par la ou les mêmes collectivités détenant la compétence relative aux équipements fréquentés par les jeunes, cette compétence trouvera son sens dans une politique locale globale en faveur de la Jeunesse.

D’une cohérence des compétences à la coordination des actions

Au-delà des questions d’organisation de compétences, la mise en place d’une politique Jeunesse globale et cohérente peut s’appuyer sur une Convention Territoriale Globale (CTG) avec les Caisses d’Allocation Familiale (CAF). Cet outil, dont le déploiement est en cours dans tous les départements, propose une réflexion globale sur l’ensemble de l’offre de service aux familles. L’objectif est de favoriser la territorialisation de l’offre, en cohérence avec les politiques locales, par la définition de priorités sur une période pluriannuelle.

Cette démarche donne l’opportunité d’une remise à plat des actions menées notamment à destination du public adolescent. Elle permet d’envisager - au-delà de l’articulation entre compétences - la coordination des actions et des moyens en faveur de ce public, souvent au niveau intercommunal.

Les projets de territoire, qui ne manqueront pas d’être rédigés au lendemain des élections municipales à venir, pourraient constituer la première étape de coordination attendue dans le cadre d’une CTG. Ils pourront enfin être l’occasion d’interroger l’étendue des compétences autour du projet pour la « Jeunesse » sur chacun des territoires. 

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