le billet
Par Hélène Delhay, Consultante Pôle Energies

Comment financer la rénovation énergétique du patrimoine des Collectivités ? (II)

Les collectivités sont appelées depuis plusieurs années à faire preuve d’exemplarité en matière de rénovation énergétique du patrimoine. Les travaux de rénovation énergétique, gourmands en investissement, peinent parfois à emporter la décision au sein des organes délibérants. Intérêt environnemental, intérêt général et bonne gestion des deniers publics : trois objectifs à concilier autour de la rénovation énergétique.

Partagez sur les réseaux sociaux :
 

Etape 2 : Créer des non-dépenses avant de réaliser les travaux

 

Jouer sur les comportements

La rentabilité d’un projet de rénovation énergétique ne repose pas sur la création de recettes, mais sur la diminution des dépenses d’énergie. La plupart des modèles supposent que ces non-dépenses interviennent après la réhabilitation, ce qui oblige la Collectivité à financer l’investissement initial entièrement depuis son budget général.

C’est oublier que l’un des facteurs le plus important pour réduire les dépenses d’énergie est d’influer sur les comportements, chose qui peut être faite en amont de la réhabilitation.

La plupart des études estiment que les réductions d’énergie liées à l’amélioration des comportements sont en moyenne de 15%, ce qui est loin d’être négligeable mais reste insuffisant pour financer une rénovation d’ampleur. Il s’agit toutefois d’un premier pas vers « l’énergie paye (une petite partie) de l’énergie ». En pratique, cela nécessite d’avoir un budget annexe ou une comptabilité analytique permettant de retracer ces non-dépenses. Cela nécessite également d’animer le réseau des bâtiments publics. Un défi peut être organisé entre les bâtiments de la Collectivité : le bâtiment qui aura réalisé le plus d’économies d’énergie sera le premier à être réhabilité !

Passer aux énergies renouvelables

Certaines Collectivités font le pari de créer des non-dépenses en amont de la rénovation énergétique en réduisant le coût de l’énergie.

Concrètement, il s’agit d’alimenter les bâtiments publics en énergie renouvelable, soit via un réseau de chaleur, soit via un équipement destiné à l’autoconsommation.

De la même façon que pour les non-dépenses créées par l’amélioration des comportements, les non-dépenses liées à la diminution du coût de l’énergie sont retracées dans une comptabilité analytique et viennent alimenter un fonds destiné à la rénovation énergétique. Il s’agit là d’un deuxième pas vers « l’énergie paye l’énergie ».

 

Partagez sur les réseaux sociaux :
 

 

Blog
Tous les billets