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Publié le 08 octobre 2019
Par Cécile Brune, Consultante au Pôle Développement Local

Le sport-santé : nouveau paradigme de la stratégie nationale de santé ?

La sédentarité est aujourd’hui incontestablement reconnue comme un facteur de risque sanitaire. Le rapport INSERM de 2008 sur l’activité physique n’hésite pas en faire une source de « pandémies », à l’exemple du Diabète de type II.

Les bénéfices des Activités Physiques et Sportives (APS) pour la santé n’ont pourtant pas toujours coulé de source : ce n’est qu’à partir des années 80 et à force d’études scientifiques démontrant des liens irréfutables entre la sédentarité et nombre de pathologies (maladies cardiaques, mais aussi mal de dos, arthrose, dépression, etc.) que l’activité physique s’est progressivement imposée comme alternative thérapeutique.

C’est pourquoi, l’Etat entend généraliser à l’échelle nationale les pratiques vertueuses du sport sur la santé avec des collectivités volontaires à travers le lancement de l’appel à projets pour 101 « Maisons Sport-Santé » (MSS), appel à projets s’inscrivant également dans une démarche d’égalité territoriale (une MSS par département).

Le rôle historique des Collectivités sur le sport-santé

Si le lien entre activité physique et santé est désormais admis, nous manquons aujourd’hui d’études économiques pour évaluer le réel rapport coûts-bénéfices des APS aussi bien en termes d’impacts directs (diminution des dépenses de santé) qu’indirects (invalidité, pertes de production, mortalité, etc.).

Cette difficulté d’évaluation des retombées a jusqu’à alors entravé la mise en place d’une stratégie nationale du sport-santé ainsi que des financements étatiques dédiés. Jusqu’à présent, les politiques de sport-santé demeuraient l’apanage de collectivités motrices, en partenariat avec le mouvement sportif local, les ARS ou encore les associations locales. Parmi les actions les plus emblématiques : le dispositif du sport sur ordonnance dans lequel 63 collectivités françaises sont désormais engagées, en tête desquelles Strasbourg, Blagnac ou Biarritz, ou plus récemment le Département des Bouches-du-Rhône (plan Départemental Sport Santé et Bien-être 2017-2020). Toutefois, faute de remboursement par l’assurance maladie, le dispositif peine à se généraliser…

La clé du succès : harmonisation et généralisation à l’échelle nationale via les Maisons de Sport- Santé ?

Conscient des limites des dispositifs portés et financés uniquement localement, et afin de donner l’opportunité à tous d’accéder à des dispositifs sport-santé, l’Etat a lancé en juillet 2019 un appel à projets pour la réalisation des 101 premières « Maisons Sport-Santé » (1 par département) dans le cadre de la Stratégie nationale sport santé 2019-2024 présentée le 25 mars dernier.

Les structures candidates (quelle que soit leur nature juridique) devront remplir tout ou partie des missions suivantes : espace d’information et d’orientation, lieu de réalisation de bilan des capacités physiques, lieu de pratiques des APS, centre de formations des acteurs du sport-santé, etc. Elles constitueront ainsi les relais locaux de la stratégie nationale, avec l’ambition de permettre à tout public de se (re)mettre en mouvement, pour sa santé comme pour son bien-être.

Les lauréats pourront bénéficier de soutien méthodologique et d’un accompagnement financier. Verdict : décembre 2019.

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