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Publié le 22 juillet 2020
Par Séverine Charrière, Consultante Eau et agriculture

Transition alimentaire, quels rôles les collectivités peuvent-elles jouer ? - Épisode 2/4

La chaîne alimentaire : mieux la connaître pour valoriser les acteurs de chaque maillon

La chaîne alimentaire concerne à la fois des acteurs privés et publics, formant un écosystème, qui lie intrinsèquement urbain et rural. Les collectivités, plus souvent identifiées à travers leur rôle de consommateurs (restauration collective publique), peuvent jouer un rôle d’agrégateur d’intérêt général, qui peut en particulier solidifier l’ensemble de la chaîne et ainsi (re)serrer les liens entre les partenaires de son territoire.

Les collectivités peuvent par cet intermédiaire catalyser à l’émergence de territoires plus résilients[1]. Cela passe en 1er lieu par la bonne connaissance de cette chaîne alimentaire territoriale. Ce sujet est mis en avant dans les Plans Alimentaires Territoriaux (PAT) qui fleurissent un peu partout en France : connaître les acteurs de la chaîne (ainsi que leurs contraintes respectives, (re)créer ce lien entre eux et passer d’initiatives isolées à un projet de territoire cohérent.

Figure 1- La chaîne alimentaire d'un territoire.

Le partage de ce diagnostic territorial avec le plus grand nombre d’acteurs concernés et une communication percutante sur des chiffres clefs du territoire constituent autant de facteurs d’adhésion à ces démarches. Le recensement des initiatives locales permet à chacun de mieux se projeter sur des objectifs concrets et ainsi engager les acteurs du territoire dans un mouvement collectif.

Parmi les écueils à éviter, celui de l’opposition trop facile des modèles ruraux et urbains. Elle conduit à une dichotomie entre acteurs, selon nous peu favorable à un dialogue constructif et à une co-construction. Conscientes de la capacité des territoires ruraux à les approvisionner durablement, les villes ont une conscience de plus en plus aigüe de l’importance de (re)créer des liens avec leur hinterland nourricier. Preuve en est les portefeuilles d’élus urbains dont les prérogatives se portent sur les sujets agricoles et alimentaires en dépit de l’absence de terres agricoles sur leur territoire administratif.

C’est par exemple le cas à Rennes, où une étude intitulée « Rennes, ville vivrière »[2] et conduite entre 2010 et 2013 a fait prendre conscience à la capitale bretonne des potentialités de s’approvisionner dans un rayon restreint autour de son territoire métropolitain. De nombreuses villes affichent aujourd’hui l’ambition de tendre vers une autonomie alimentaire en mettant par exemple des partenariats avec les territoires voisins (contrat de réciprocité mis en place par Toulouse Métropole-Pays Portes de Gascogne[3]). Même si elle est loin d’être atteinte d’après les estimations de Terres en villes[4], cette direction semble intéressante à poursuivre pour améliorer la résilience de tous territoires en matière d’alimentation.

 

Les références Espelia en lien avec la chaîne alimentaire

Retour d’expérience sur les acteurs de la chaine alimentaire et la mise en place d’Egalim :

Stratégies de transition alimentaire et restauration collective : conditions de réussite de projets locaux, opportunités et modalités d’accompagnement

https://www.espelia.fr/fr/references/caisse-des-depots-et-consignations-transition-alimentaire-et-agricole-collective.html

 

Accompagnement pour la structuration de l’approvisionnement, distribution et transformation de denrées alimentaires en circuits de proximité et issue de l’agriculture biologique pour la restauration scolaire des collèges d’Indre et Loire

Rapport d’étude et synthèse sur le canal le mieux adapté pour le projet, business plan du projet, note sur les grandes lignes du Projet Agricole du Territoire

Mise en œuvre d’un canal unique par une SEMOP ou mise en œuvre d’un canal unique par un groupement de commande

https://www.espelia.fr/fr/references/departement-dindre-et-loire-etude-dopportunite-de-la-constitution-dune-semop-dapprovisionnement-en-denrees-alimentaires-pour-les-colleges-du-departement.html

 

Passation de contrat dans le cadre de la restauration collective du département des Yvelines :

Accompagnement à la constitution d’une SEMOP de gestion de la restauration des collèges des Yvelines :

https://www.espelia.fr/fr/references/departement-des-yvelines-accompagnement-a-la-constitution-dune-semop-de-gestion-de-la-restauration-et-du-nettoyage-des-colleges-des-yvelines.html

 

Diagnostic de territoire pour la création d’une halle alimentaire locale pour la communauté de communes de la Vallée Dorée

Diagnostics des producteurs et distributeurs locaux pour compléter l’étude de marché et adapter au mieux le projet de programmation de site foncier.

https://www.espelia.fr/fr/references/etude-de-faisabilite-et-pre-programmation-pour-une-halle-alimentaire-favorisant-le-developpement-des-circuits-courts-du-territoire.html#



[1] Comme suggéré par le rapport https://resiliencealimentaire.org/

[2]Darrot, C. (2014). Rennes, ville vivrière : Une prospective proposée par les étudiants de l’option « Agriculture Durable et Développement Territorial » d’Agrocampus Ouest. Pour, n°224, 405-414

[4] Analyse des stratégies des agglomérations Terres en Villes en matière de plateformes de logistique alimentaire, 2014

 
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