Rédigé par Séverine CHARRIERE, directrice adjointe du pôle DECA, Claire MASSONI, consultante junior du pôle DECA et Nicolas CRINQUANT, directeur senior
Figure 1 : Emplacement des dispositifs de la loi dans la chaine alimentaire
La loi Egalim 2 fixe des mesures spécifiques au niveau de la relation amont de la chaîne alimentaire, entre l’agriculteur et le premier acheteur. Les principales mesures de la loi sur la partie amont sont présentées ci-dessous1 :
Ces mesures ont plusieurs buts :
Malgré les objectifs louables de cette loi de nombreuses formes de vente sont exclues du dispositif1, limitant la portée de la loi. En effet, sont exclues :
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De plus, de nombreuses filières sont exclues à leur demande de ce dispositif (un décret doit paraitre pour clarifier les filières dont il est question)4. À ce jour, celles exclues seraient les céréales, le riz, les fruits et légumes frais, les produits de l’apiculture et les huiles5. |
Ainsi, les principales filières concernées par l’application de la loi Egalim 2 sont la viande bovine, la viande porcine et le lait.
La loi est entrée application pour les premières filières au 1er janvier 2022 et rencontre déjà des freins à son application.
Les premiers retours d’agriculteurs et d’association d’éleveurs, interrogés par le cabinet Espelia, font état de quelques avancées mais surtout de nombreuses contraintes apportées par la loi :
Points positifs |
Points mitigés |
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Ainsi, l’application de la loi sur ce premier maillon de la chaîne a permis de mettre en évidence des vraies avancées pour les éleveurs et certains agriculteurs telles que la meilleure prise en compte des coûts de production. Cependant, des difficultés d’application ont aussi été rencontrées avec notamment une forte inertie de l’aval de la filière (lenteur de mise en place des contrats notamment). Les éleveurs ne perçoivent pas encore d’amélioration nette de leurs revenus, mais l’application progressive de la loi devrait porter ses fruits prochainement.
Dans ce contexte, les collectivités peuvent participer à l’application de la loi et donc à une juste rémunération des agriculteurs via :
Pour mémoire, voici quelques chiffres sur la commande publique en restauration collective (source : France AGrimer 2018) :
81 500 établissements de restau co (21 500 au sein du SNRC)
21,5 Mds d'€ HT de CA (5,6 par les sociétés privées du SNRC)
6,97 Mds d'€ HT d'achats alimentaires (1,9 pour les sociétés privées du SNRC)
Le prochain billet de blog abordera le maillon suivant : la relation aval entre l’industriel et le distributeur. Il présentera les retours des acteurs sur les négociations commerciales 2021-2022 ainsi que les pistes d’actions des collectivités sur la partie aval de la chaine alimentaire.
1 Chambre d’Agriculture de Normandie (2022) Loi EGALIM 2 : Synthèses et premières mises en œuvre https://normandie.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Normandie/506_Fichiers-communs/PDF/Actualite/Egalim_note_COREP_fev2022_PhiL.pdf
2 Chiffre d’Affaires
3 Légifrance (2021) Décret n° 2021-1801 du 24 décembre 2021 fixant les seuils de chiffre d'affaires annuel en dessous desquels les dispositions de l'article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime ne sont pas applicables https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044560382
4 Entretien réalisé avec un membre d’Intercéréales, l’interprofession des céréales (août 2022)
5 FIDAL (2022) Conférence sur Egalim 2 réalisée le 1er septembre 2022 à Paris
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