Rédigé par Salomé NOCQS, consultante du pôle Déchets, Economie Circulaire et Agriculture
Les dépôts sauvages sont, d’après le Guide de Lutte contre les dépôts sauvages publié en 2020 par le Ministère de la Transition Écologique :
Un dépôt illégal de déchets[1], plus communément appelé « dépôt sauvage », est la résultante d’abandons de déchets par une ou plusieurs personnes, identifiées ou non, entraînant une accumulation anarchique de déchets divers ou parfois de même type sur un terrain privé, le plus souvent sans accord du propriétaire des lieux, mais parfois par l’occupant des lieux lui-même, ou dans l’espace public en dehors des endroits autorisés par l’autorité administrative responsable de cet espace public. (Ministère de la Transition Ecologique,2020)
Ils peuvent se distinguer en différents types de dépôts[2] :
Leurs conséquences sont tant :
La responsabilité est partagée entre différents acteurs.
Toujours d’après l’étude de l’ADEME, les dépôts sauvages sur un territoire proviennent à :
Et ils sont la résultante d’une multitude de facteurs :
L’ampleur de ces dépôts est aggravée par des zones d’ombre subsistantes sur les responsabilités de chacun. À qui revient la charge de collecter ces dépôts notamment ? Dans certains cas, il s’agit des communes, parfois de l’EPCI, et de quelle compétence cette gestion dépend : de la collecte ou de la propreté ? Ainsi, la Brigade Environnementale de Béthune, dédiée notamment à la collecte et réduction des dépôts sauvages, nous faisait part de la difficulté à déterminer de quel service celle-ci dépendait. Entre le service propreté et le service collecte, le rattachement de la Brigade a évolué à plusieurs reprises.
Ce flou quant au portage de la problématique des dépôts sauvages peut parfois s’étendre à une mécompréhension globale des règles de fonctionnement de la collecte. Ainsi, les dépôts sauvages sont quelques fois des déchets sortis par les ménages laissés par les services de collecte car ils ne correspondaient pas à la typologie des déchets collectés.
De manière plus globale, si certaines tendances se dégagent au niveau national, une importance problématique des dépôts sauvages peut être le signe de la nécessité de réaliser un diagnostic approfondi sur le sujet tant sur les responsables que les causes.
Plusieurs solutions peuvent être envisagées et viennent actionner différents leviers, mais il paraît fondamental en premier lieu de comprendre ce qu’est réellement la problématique. Identifier les causes, c’est déjà faire la moitié du chemin.
Ainsi, une partie du problème peut être résolu en agissant directement sur les insuffisances et/ou enjeux identifiés lors du diagnostic et en dotant les usagers des informations nécessaires.
On crée avec ce premier axe un cadre moins propice au dépôt.
La seconde partie du travail consiste alors à travailler sur les comportements incivils et à éduquer les citoyens. Quand on sait qu’en 2020, les collectivités estimaient leur budget lié aux dépôts sauvages à environ 60 000 €, soit 5 €/hab/an en moyenne, ou 900 €/T de déchets sauvages. Il s’agit là aussi d’un budget qui peut être dédié à des actions préventives ou dissuasives pour réduire l’ampleur du phénomène. (Ademe, 2020).
Pour ce faire, on voit partout en France des initiatives fleurir ces dernières années,
Les nudges, par exemple, sont ce qu’on appelle de la communication engageante, ils consistent à impliquer le citoyen, à lui signifier quelle est la bonne action à réaliser tout en le laissant libre de son choix. La ville de Lille a notamment mis en place des marelles sur les pavés de la ville conduisant jusqu’aux poubelles afin d’inciter les gens à ne pas jeter leurs déchets par terre. (Le Parisien, 2018). De même, à Collioure, 24 plaques « Ici commence la mer » ont été placées au niveau des bouches d’égout afin de sensibiliser les usagers. À l’époque, le dispositif avait coûté 3 000 € à la ville.
Ainsi, pour maximiser leur écho, ils existent donc plusieurs clés de réussite :
Puis la mise en place d’actions concrètes afin de :
Et depuis quelques années, les collectivités semblent opter pour une solution permettant d’agir sur chacun de ces critères : la brigade environnementale. Ce dispositif semble privilégié car il permet d’agir sur l’ensemble du parcours de vie d’un dépôt sauvage, et aboutit à une réduction des dépôts sur le long terme.
[1] D’après le Guide de Lutte contre les dépôts sauvages publié en 2020 par le Ministère de la Transition Écologique
[2] ADEME « Caractérisation de la Problématique des Déchets Sauvages » publiée en 2019
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