Le RER métropolitain, simple annonce ou véritable projet ? - Episode 2

Rédigé par Thierry DUBOST, consultant du pôle Mobilités

Article publié le : 5 mars 2024

Quels seront les premiers SERM français ?

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A Strasbourg, le REME (Réseau Express Métropolitain Européen) a été lancé en décembre 2022 avec la volonté pour les élus de décarboner et d'amener les habitants à utiliser les transports en commun : proposer une fréquence à la demi-heure tout au long de la journée, développer les pôles d'échanges multimodaux, et se connecter au réseau allemand en 2030. Cette première phase a coûté 700 M€, 600 M€ d'investissements seront nécessaires dans les 5 prochaines années.

A Lille, le Président de la Région et le président de la MEL ont remis sur la table un projet de déploiement de l’étoile ferroviaire de Lille de 2010. Les investissements nécessaires apparaissent très lourds, estimés à près de 8 Md€ avec une nouvelle gare à Lille, un nouveau barreau ferroviaire entre Lille et Hénin-Beaumont et des aménagements importants sur le réseau. Il reste à le placer dans un projet plus vaste d’évolution des mobilités comme cela a déjà été le cas pour les projets plus avancés.

A Bordeaux, le projet a été initié dès 2018 par la Région et Bordeaux Métropole avec la définition commune d’une feuille de route, rejoints par l’Etat et le département de la Gironde. L’objectif est d’offrir d’ici 2030, des solutions alternatives à la voiture individuelle, attractives en temps de parcours et en prix, en améliorant certaines lignes et en créant de nouvelles haltes ou PEM. Le cout est estimé à 600 M€ pour les infrastructures et 90 M€ pour le matériel roulant.

A Toulouse, les lignes bougent et le Maire – Président de la Métropole, longtemps plus convaincu par la pertinence d’une troisième ligne de métro que par un projet de RER - a fait évaluer sa position. Le déploiement de la ZFE en 2024, les congestions de la circulation, obligent à trouver des solutions et à proposer des alternatives. Les premières tournent autour du cadencement à la demi-heure de 6 lignes RER en étoile.

Six autres Métropoles s’ajoutent à cette première liste pour constituer le groupe des 10 : Aix-Marseille, Grenoble, Lyon, Nantes, Nice et Rennes.

A Aix-Marseille, la volonté de se doter de services express régionaux a été renforcée par les annoncent. La gare centrale Saint-Charles en impasse nécessitera des aménagements et des investissements importants. La vision à long terme définie dans le plan de mobilité, intègre également la reconfiguration des autoroutes et l’ajout de voies dédiées aux cars à haut niveau de service, la mise en œuvre de lignes de covoiturage et la multiplication des pistes cyclables interconnectées.

A Grenoble, le projet fait consensus parmi les élus et les acteurs économiques. Il apparait comme une alternative crédible et efficace à l’usage de la voiture individuelle et en conséquence à la décongestion de l’agglomération et à la réduction de la pollution. Le futur RER de l’aire grenobloise pour 2035 passe par la modernisation de l’offre actuelle avec des réouvertures de haltes, la réalisation de nouvelles voies, la création de pôles d’échanges avec le tramway, des parkings relais, des vélos en libre-service. La faisabilité totale ou partielle dépendra des enveloppes budgétaires du plan d’investissements.

A Lyon, le projet de RER est travaillé par la Région et la Métropole : utilisation augmentation de la desserte entre Lyon et Villefranche, Vienne, Saint-Etienne, Bourgoin-Jallieu, Tarare, etc. sur une amplitude horaire élargie ; prolongement de la ligne de tram-train depuis Saint-Paul ; extension du tramway T3 entre Meyzieu et Crémieu. Reste à dessiner un projet plus global, à trouver les financements et à obtenir l’accord du Grand Lyon et du Sytral. Sa mise en place pourrait s’échelonner jusqu’à 2035, pour un coût entre 1,4 et… 7 milliards d’euros, une fourchette encore large.

A Nantes, le projet stratégique vise à utiliser les voies existantes pour renforcer les fréquences et assurer un cadencement à la demi-heure sur toute la journée. Des analyses et études d’impact sont en cours pour mesurer l’opportunité et la faisabilité de lignes directes sans changement de train en gare de Nantes.

 

A Nice, la Mairie a proposé la création de deux lignes : à l’est avec un métro semi enterré pour rejoindre Monaco et à l’ouest pour relier Nice à la technopole de Sophia Antipolis permettant d’offrir une alternative aux trajets quotidiens de 41.000 automobilistes et de répondre à un véritable besoin de déplacements dans une Métropole saturée non seulement en heures de pointe mais aussi toute la journée en période estivale.

 

A Rennes, si l’idée du TREM (train rennais express métropolitain) est portée depuis quelques années par la Métropole de Rennes et la Région Bretagne, les élus attendent les mesures d’accompagnement sur les moyens financiers dont disposeront les collectivités territoriales pour la concrétiser et financer les 400 à 500 M€ nécessaires. Le premier objectif sera de désaturer la gare de Rennes avant de renforcer les fréquences et proposer un véritable cadencement sur les 5 branches ferroviaires qui y transitent.

Les élus et acteurs économiques de nombreux territoires travaillent pour faire entrer leur projet dans la liste finale (Clermont-Ferrand, Limoges, La Rochelle, Reims, Le Mans, …). D’autres projets pourraient émerger rapidement ou ressortir des cartons : Pays-Basque, sillon lorrain entre Metz, Nancy et le Luxembourg, entre Mulhouse et Bâle, Dijon, Tours ou Rouen dans des configurations allégées et adaptées.

 

Des projets complexes à penser et à mettre en œuvre sur lesquels Espelia accompagne les collectivités

Les projets de Services Express Régionaux Métropolitains, contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à lutter contre le dérèglement climatique en réduisant la part des mobilités autosolistes. Ce sont des changements d’organisation des mobilités, pour répondre différemment aux besoins de déplacements avec une palette de solutions complémentaires et attractives depuis le lieu d’habitation jusqu’au lieu de travail, d’étude, de loisirs, aux espaces commerciaux ou aux centres médicaux.

Les besoins de financement et la gouvernance des projets restent des points essentiels à régler avant tout démarrage. Les niveaux d’investissements élevés et l’implication de plusieurs collectivités parties prenantes, en plus de l’Etat qui voudra sans aucun doute participer aux décisions, Régions, Départements, Métropole, vont entrainer la mise en œuvre de montages complexes à la fois Public-Public mais aussi Public-Privé. Cela demandera un accompagnement pointu pendant toute la durée de construction puis d’exploitation de ces collectivités afin qu’elles trouvent leur juste place, les bons financements et les bonnes pratiques managériales de leurs projets. Espelia se tient à la disposition de ces collectivités pour les accompagner dans ce long cheminement autour des thèmes de la définition de la stratégie et du rôle de chacun, du management, de la tarification ou de la contractualisation.

RER épisode 1


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