UNOC 2025 : avancées clés pour les océans et les AMP

Article publié le : 7 juil. 2025

Du 9 au 13 juin dernier, s’est déroulée la 3ème Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC). C’était à Nice, sur la côte d’une des mers les plus polluées du monde, la Méditerranée, et qui a atteint à l’été 2024 la température record de 28,90°C.

Considérée comme historique, cette conférence marque un tournant majeur : à la fois par sa mobilisation : avec la participation de 175 États, 64 chefs d'État et de gouvernement, 28 responsables d'organisations onusiennes, intergouvernementales et internationales, 115 ministres, 12 000 délégués et près de 130 000 visiteurs ; et par plusieurs avancées.

On vous explique les décisions phares 

La ratification du traité BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) pour protéger la haute mer, c’est-à-dire les zones marines situées au-delà des juridictions nationales (environ 60 % des océans). Il marque une avancée majeure pour la gouvernance internationale des océans ;

  • la création en Polynésie de la plus vaste aire marine protégée au monde (4,8 M km², dont 0,9 M km² en protection stricte) ;
  • d'ici fin 2026 protéger 78% des eaux françaises, dont 14,8 % en protection forte (contre 4,8 % aujourd’hui) ;
  • d’ici fin 2026, 4 % des eaux hexagonales passeront sous protection forte (contre 0,1 % actuellement) ;
  • d'ici 2028, chaque aire marine protégée devra inclure au moins une zone de protection forte.

À long terme, la France souhaite placer 10 % de ses eaux territoriales sous protection forte d'ici 2030 et encourage les autres pays à faire de même, pour atteindre plus de 30 % de mers protégées à l'échelle mondiale. La conférence a aussi réaffirmé son engagement contre la pêche illégale et la pollution plastique (notamment via l’« appel de Nice » pour un traité ambitieux visant l'élimination de la pollution plastique d"ici 2040).

Pour nous mettre en appétit, la veille de cette conférence, le gouvernement a dévoilé sa stratégie dédiée à la protection des fonds marins en France hexagonale. Celle-ci prévoit un renforcement des limitations dans les zones de protection forte des aires marines protégées (AMP). Dans ces zones, toutes les activités ayant un impact sensible sur les fonds marins, dont le chalutage de fond et l'extraction minière, seront interdites. Toutes les activités susceptibles de compromettre les objectifs de conservation de la biodiversité seront analysées (comme le mouillage de plaisance). Plus largement, les Aires marines protégées devront également se doter d’un plan de lutte contre les pollutions d’origine terrestre engageant les collectivités locales et les parties prenantes.

Cette stratégie n’a toutefois pas convaincu 

A ce jour, seulement 33% des eaux françaises sont couvertes par au moins une Aires Marines Protégées. Toutefois, plusieurs études indiquent que nombre d’entre elles autorisent encore diverses pratiques, notamment certaines formes de pêche comme le chalutage de fond. Des organisations non gouvernementales, telles que Bloom, Greenpeace ou WWF, appellent à un renforcement des mesures de contrôle et de protection, afin d'assurer une réelle efficacité des AMP - tandis que certains pêcheurs et syndicats comme la FNSEA s’opposent à des restrictions jugées excessives.

Carte des AMP vue mondiale

Carte des AMP - Vue mondiale
Carte des Aires Marines Protégées (AMP) 
- France métropolitaine, Antilles / Guyane, Réunion / Mayotte, Polynésie Française -

 

En tant qu’acteur engagé aux côtés des collectivités, nous savons combien la préservation des mers et des océans doit être au cœur des politiques publiques de demain. C’est justement pour accompagner cette prise de conscience collective qu’Espelia a créé son Club Ressource Climat et Biodiversité, un espace d’échange, de partage, de veille et de montée en expertise pour anticiper les impacts de ces enjeux sur les projets locaux. Les côtes françaises, sont des indicateurs puissants de la santé de nos écosystèmes et ce qui s’y joue nous concerne tous. 

 

Rédaction : Faustine Briot - faustine.briot@espelia.fr
Cartographies : Fiona Broussin


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