Journée mondiale du Climat, comprendre les enjeux de la COP 28

Article publié le : 8 déc. 2023

Journée mondiale du Climat, comprendre les enjeux de la COP 28

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La 28ème conférence des Nations unies sur le climat (COP28) s’est ouverte la semaine dernière (le 30 novembre) à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis. Cette journée mondiale du Climat est l’occasion de faire un rappel sur ce que veut dire la COP et les enjeux de ce sommet international.

 

C’est quoi la COP ?

La COP (Conference of the Parties) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) vise à réunir chaque année lors d’un sommet mondial les pays du monde entier pour adopter, par consensus, les décisions pour lutter contre le dérèglement climatique. La première COP s’est tenue à Berlin en 1995. L’une des dernières COP ayant fait date, la COP 21, a conduit en 2015 à l’adoption de l’accord de Paris, premier traité international de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui vise à contenir le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C et si possible à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Il a été signé par 195 parties et ratifié par 192 d’entre elles. 

 

Les sujets à l’ordre du jour de la COP28

L’un des plus gros sujets de cette COP28 est le premier bilan mondial depuis la signature de l’accord de Paris et de déterminer les améliorations collectives au niveau mondial pour pouvoir respecter cet accord. Comme base de travail, les Etats ont à disposition l'évaluation de l'ONU de huit années de lutte contre le réchauffement climatique, publiée en septembre.

Ensuite, la solidarité financière entre le Nord et le Sud est à nouveau au cœur des négociations. Dès l’ouverture de la conférence, les États ont validé la création d’un mécanisme de financement des destructions (appelées « pertes et dommages ») liées au climat. Les « pertes et dommages » désignent des dégâts irréversibles causés par le dérèglement climatique : ils peuvent être dus à des événements extrêmes (cyclones, inondations, etc), ou à des processus de long terme (montée du niveau de la mer, sècheresses, etc). Outre les destructions matérielles, les pertes et dommages désignent aussi la disparition de langues ou de cultures. Cet accord prévoit que les pays les plus responsables de la crise indemnisent les pays qui en subissent les plus graves conséquences.

Les Émirats Arabes Unis et l’Allemagne ont promis de débloquer chacun 100 millions de dollars (92M€), et l’Union européenne a annoncé 125 millions d’euros. Des sommes plus symboliques viendront des États-Unis, du Japon ou du Royaume-Uni. Ces montants sont faibles au regard des besoins estimés par le GIEC (entre 265 et 531 milliards d’euros). Voir la synthèse du 6e rapport d'évaluation.

 

Les sujets qui font débat sur la COP28

Cette COP, depuis l’annonce de son organisation fait parler d’elle, notamment car le pays hôte (les Emirats Arabes Unis) est l’un des plus gros producteurs mondiaux de pétrole et que son président, Sultan Al Jaber, le ministre émirati de l’Industrie, est également PDG de la compagnie nationale pétrolière Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC). Ce président qui s’est fait remarquer en reniant les preuves scientifiques dans une réunion en amont de la COP (21 novembre) :

« Aucune étude scientifique ne dit que la sortie des énergies fossiles nous permettra d’atteindre 1,5°C. (…) Montrez-moi la feuille de route d’une sortie des énergies fossiles qui soit compatible avec le développement socio-économique, sans renvoyer le monde à l’âge des cavernes ».

Des déclarations qui frisent le déni climatique et interrogent sur les effets réels de cette conférence.

Par ailleurs cette COP28 accueille 4 fois plus de lobbyistes des énergies fossiles que sa précédente édition : des émissaires envoyés par les industries les plus polluantes afin de peser dans les négociations internationales.

Un groupement de scientifiques français (collectif scientifiques en Rébellion) organise une COP alternative à Bordeaux pour dénoncer l’inefficacité de ces sommets internationaux et les dangers de l’inaction.

 

Sources : Vert le Média, France Inter, Le Monde, Nations Unies Europe

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