Rédigé par Séverine CHARRIERE, directrice du pôle Déchets, Économie Circulaire, Agriculture et Alimentation
En France, la loi AGEC – Anti-gaspillage et économie circulaire – du 10 Février 2020 prévoit la généralisation du tri à la source des biodéchets pour tous les producteurs de déchets (collectivités et administrations, ménages, professionnels, etc.) d’ici le 1e janvier 2024, conformément à la directive européenne 2018/851.
Pour une collectivité, cette échéance implique
Le modèle de boucle alimentaire territoriale peut alors s’avérer particulièrement intéressant :
La section précédente laisse entrevoir l’idée que la transition vers un système alimentaire circulaire promet à la fois la sobriété dans l’utilisation des ressources (et en l’occurrence, des ressources du sol) et des externalités positives sur la vitalité économique et la sécurité du territoire[1]. Une boucle alimentaire territoriale a notamment le potentiel de créer des emplois dans la collecte et la valorisation des biodéchets (Resolis, Terralim, 2018)[2] (le métier de maître-composteur en est un exemple), et de limiter le poids de l’achat d’intrants azotés dans le budget des exploitants agricoles locaux.[3]
Les externalités positives d’un système circulaire ne se limitent pas à la sphère économique et productive en réalité. Voici un aperçu des externalités positives d’une boule alimentaire territoriale, qui sont autant de portes d’entrée possibles dans le sujet pour les collectivités, car elles s’inscrivent en grande partie dans leur domaine de compétence.
Certaines structures (de gouvernance) peuvent être intéressantes à mobiliser ou mettre en place pour stimuler les externalités positives d’un projet de boucle. Ce sont notamment les conseils locaux de l’alimentation[4] ou des structures dédiées (associations, SCIC, etc.), qui permettent de réunir une diversité d’acteurs de l’alimentation issus du monde économique mais aussi de la société civile ; les établissements scolaires à travers la restauration collective et des temps d’activité périscolaires (TAP) dédiés à la sensibilisation à l’alimentation locale et durable ; des structures d’insertion ou d’accompagnement du handicap, qui peuvent être des ressources au moment de reterritorialiser un maillon de la chaîne alimentaire par exemple (elles disposent souvent de locaux, équipements et ressources humaines à valoriser) ; des associations, collectifs, coopératives citoyennes en faveur de l’accès à une alimentation de qualité (épicerie coopérative, caisse alimentaire, association d’aide alimentaire etc.).
La boucle alimentaire est en mesure de répondre à une diversité de problématiques rencontrées dans les territoires, à commencer par des enjeux de mise en conformité avec la règlementation et de durabilité et de sécurité alimentaire. Au-delà de ses effets directs, la boucle alimentaire génère des externalités positives pour le territoire grâce au rétablissement d’un lien entre les acteurs du territoire et leur environnement direct. Même si l’alimentation n’est pas une compétence à proprement parler des collectivités[5], les démarches autour d’une mise en place de boucle alimentaire sont un support pour l’action publique locale, bien au-delà du portefeuille agricole ou de gestion des déchets.
À suivre, l’épisode 3 : boucle alimentaire territoriale, quel rôle pour les collectivités ?
RESOLIS, TERRALIM. 2018. « Impact de la transition agricole et alimentaire sur l’emploi : Etat des lieux et propositions ». https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2019-02/Rapport_Etude_Emploi_et_TAA_RESOLIS_Terralim.pdf
[1] Résilience Alimentaire et Sécurité Nationale - par Stéphane Linou : https://www.youtube.com/watch?v=nnivn-2PqXU
[2] Lire pp. 19-20 du Rapport_Etude_Emploi_et_TAA_RESOLIS_Terralim.pdf (banquedesterritoires.fr)
[3] La tonne de compost est vendue en moyenne 10 fois moins chère que la tonne d’engrais azoté.
[4] Pour en savoir plus sur le fonctionnement des Conseils Locaux de l’Alimentation, et sur leur composition possible, vous pouvez vous référer à l’experience du Syndicat Mixte du Pays des Châteaux (41) juste ici à https://rnpat.fr/wp-content/uploads/2020/02/rnpat-poster11-rdv-28janv20-pays-chateaux.pdf
[5] https://www.espelia.fr/#/Publications-et-Actualites/publications/Alimentation-durable-territoires-comp%C3%A9tence-cr%C3%A9er-collectivit%C3%A9s
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