Rédigé par Adrien Palayan, responsable équipe Espelia Finances
Dans le cadre de notre série dédiée à la gestion financière des fins de contrat, et après nos deux précédents billets sur l’indemnité liée au retour des biens dans le patrimoine de la personne publique puis la question de l’indemnité pour préjudice subi par l’une et/ou l’autre des parties en cas de fin anticipée du contrat, nous nous intéressons aujourd’hui aux autres aspects financiers et comptables liés à la fin de contrat.
La fin de contrat donne lieu à la prise en compte d’autres problématiques financières (autres que celles listées dans nos précédents articles) entre co-contractants, pouvant notamment recouvrir, et selon les cas :
Ces éléments ne constituent pas des indemnités à proprement parler, néanmoins leur considération est impérative dans le cadre de la gestion financière de la fin de contrat, qu’elle soit à échéance normale ou anticipée, entres les deux parties.
Si les deux premiers points ci-avant font moins l’objet de divergence dans leur prise en compte en fin de contrat, le sort des provisions et du BFR nécessite d’être clarifié entre la personne publique et son co-contractant.
Une récente jurisprudence a permis de clarifier le sort en fin du contrat des provisions pour gros-entretien renouvellement (GER) constituées par l’exploitant co-contractant. La décision rendue par le Conseil d’Etat en 2018 a permis de confirmer le fait que la soulte de provisions pour GER, si elle est positive, doit revenir à la personne publique en fin (normale ou anticipée) du contrat. En d’autres termes, le co-contractant indemnise la personne publique du montant des provisions constituées et non dépensées sur la durée du contrat pour les opérations de gros-entretien et renouvellement des ouvrages confiés.
En cas de solde négatif en fin de contrat (i.e. le cocontractant a dépensé davantage que prévu au contrat initial), et en l’absence de jurisprudence ou règlementation encore explicite sur le sujet, nous préconisons que soit inscrit au contrat que le cocontractant fait son affaire de ce solde et ne peut en aucun cas être indemnisé par la personne publique pour cette différence.
Les dotations aux provisions sont définies contractuellement entre les parties, les reprises sur provisions (i.e. diminution du compte de provisions) sont consécutives à la réalisation effective d’opérations de GER réalisées par l’exploitant et validées par la personne publique.
Concernant les provisions pour risques et charges constituées par l’exploitant co-contractant, et lorsque leur sort n’est pas défini contractuellement, deux approches peuvent alternativement être retenues :
Enfin, il est à considérer le cas particulier des provisions pour indemnités de départ à la retraite constituées par l’exploitant pendant la période du contrat sur le personnel du service. Pour ces-dernières, il apparaît légitime que ce-dernier indemnise la personne publique (via, le cas échéant, le futur exploitant) pour l’ensemble des provisions constituées sur le personnel transféré en fin de contrat, au titre de sa participation à l’ensemble des frais de personnel du service pendant la durée du contrat.
L’ensemble de ces dispositions peut utilement faire l’objet de précisions dans la conclusion d’un protocole de fin de contrat entre les différentes parties.
Enfin, concernant les éléments constitutifs du besoin en fonds de roulement en fin de contrat (créances non recouvertes / impayés, dettes courantes non payées, etc.), là encore deux approches peuvent alternativement être retenues :
De même que pour le sort des provisions non soldées en fin de contrat, l’ensemble de ces dispositions peut utilement faire l’objet de précisions dans la conclusion d’un protocole de fin de contrat entre les différentes parties.
Quel que soit le motif de la fin de contrat (échéance normale, rupture anticipée à l’initiative de l’une ou l’autre des parties), la conclusion, autant que faire se peut, d’un protocole de fin de contrat avec le co-contractant permet de sécuriser la personne publique quant aux dispositions financières de fin de contrat, dans une optique d’équilibre entre les différentes parties : montant des indemnités éventuelles, traitement des flux financiers et comptables, sort du besoin en fonds de roulement et engagements de passif, etc.
Etude financière et organisationnelle pour la Communauté d'agglomération du Grand Angoulêm...
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