Châtillon-sur-Chalaronne avait pourtant de quoi faire illusion. Ses 5 000 habitants, sa cité médiévale préservée, et même… une piscine. Estivale, certes, nichée au bord d’un étang aux allures de carte postale, avec sa guinguette et ses airs d’antan typiques de la Dombes. Mais pour en profiter, encore fallait-il savoir nager. Et c’était bien là tout le problème.
Avec ses deux mois d’ouverture et sa forte fréquentation, l’équipement de plein air n’était pas en capacité de répondre aux besoins scolaires. Pour trouver une piscine couverte, il fallait rallier Bourg-en-Bresse, Mâcon ou Villefranche-sur-Saône, toutes trois à une trentaine de kilomètres. Autant dire une expédition : complexe à organiser, coûteuse, compliquée pour les enseignants comme pour les élèves.
La piscine couverte était devenue le « marronnier » local. Elle animait les conversations depuis des décennies. Chaque canicule ravivait le sujet. Chaque élection municipale le plaçait au cœur des débats. On en parlait. On en rêvait. On s’en disputait. Le seul choix du terrain avait suffi à déclencher des batailles rangées : les partisans du Pré Suquet contre ceux du Pré Surgeot. On n’était pas sortis d’affaire.
C’est en 2011 qu’Espelia entre en scène, par la petite porte de l’étude de faisabilité. Mais avec la volonté politique du maire pour levier, le projet franchit enfin une vitesse supérieure. Dès le départ, Espelia pose les termes du contrat moral avec les élus : ce type de projet prend du temps, jalonne de nombreuses étapes et demande des épaules solides. Porter un investissement de plus de six millions d’euros dans une commune de 5 000 habitants, ce n’est pas rien.
Espelia sera présent à chacune de ces étapes : démontrer l’opportunité du projet, évaluer les coûts, rédiger le programme, lancer la consultation, analyser les offres, aider à arbitrer. Et à chaque carrefour, apporter les arguments pour convaincre, rassurer, maintenir le cap.
Le programme est approuvé en conseil municipal. La procédure de sélection du maître d’œuvre est lancée. Les premières esquisses apparaissent. Bientôt, la grue, le chantier !
Mais la Dombes réserve ses surprises. Le site retenu est inondable, et la nature du sous-sol rend toute réhabilitation des existants particulièrement hasardeuse. Espelia conseille une procédure de conception-réalisation, mieux armée pour absorber les aléas du chantier. La suite donnera pleinement raison à ce choix.
Dix-huit mois plus tard, la piscine sort de terre. Bassin intérieur multifonctions, espace bien-être, terrasses extérieures, snack… un équipement pensé pour tous, conçu pour durer. Le 20 décembre 2015, Yves Clayette rayonne. Les responsables politiques locaux se pressent à l’inauguration de l’Aquadombes. L’événement fait date. Et Espelia, chaleureusement remerciée par l’édile, se voit joliment présentée comme l’une des « bonnes fées » au berceau du projet.
Moins d’un an plus tard, le 2 octobre 2016, Yves Clayette s’éteint à 64 ans, emporté par la maladie. La piscine est alors rebaptisée « espace aquatique Yves Clayette » en son hommage.
Depuis, l’équipement a soufflé ses dix bougies. Et Espelia n’a pas quitté l’aventure : définition du mode de gestion, sélection du premier exploitant, puis renouvellement dans le cadre d’un second contrat de délégation de service public.
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